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	Comments on: Minorités visibles	</title>
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		By: Levy		</title>
		<link>https://nccr-blog.flake.work/minorites-visibles/#comment-10346</link>

		<dc:creator><![CDATA[Levy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2019 09:01:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Réaction au blog de Rosita Fibbi sur les « minorités visibles » de René Levy, professeur émérite de l&#039;Université de Lausanne: 

C’est vraiment un concept utile, la visibilité me paraît depuis toujours une des conditions importantes (parmi plusieurs, la plus importante restant probablement la faiblesse en termes de pouvoir) pour qu’une catégorie sociale se fasse discriminer. On pourrait ajouter que les stratégies de discrimination peuvent chercher à manipuler cette visibilité, les juifs ne sont pas le seul cas qu’on peut citer comme exemple (imposition d&#039;un code vestimentaire qui les singularisait, imposition d’un lieu d’habitation, ou plus tard la fameuse étoile jaune). Les patronymes peuvent aussi être instrumentalisés par ces stratégies, en Suisse peut-être un peu plus difficilement avec les noms à consonance italienne parce qu’ils ne distinguent pas entre les Tessinois et les Italiens (même en Xe génération d’immigration), mais ça marche quand-même quelque peu dans leur cas, me semble-t-il, et évidemment mieux dans des cas d’emblée plus « étrangers » comme les noms turcs, balkaniques ou autrement voyants. Tu reprends à cet égard le terme de racialisation. La couleur de la peau ou d’autres marqueurs faciles à repérer (on peut p.ex. penser aux handicaps physiques et d’autres caractéristiques corporelles) sont particulièrement « pratiques » en la matière, mais probablement la visibilité à elle seule ne suffit pas (sinon, pourquoi pas discriminer les porteurs de lunettes (un écrivain allemand a écrit un persiflage sur cette idée, je ne me souviens plus qui c’était). Ce qui « aide » surtout, c’est l’existence d’une histoire de discrimination, et pour le début d’une telle histoire probablement la désignation à la vindicte d’une catégorie sociale bien identifiable par des autorités. Encore un autre critère au moins probable : la minorité en question ne doit pas être trop petite ou trop peu en vue pour, en quelque sorte, « valoir la peine » d’être discriminée (en tous cas dans la perspective d’un détournement de tensions sociales).
Une autre composante du othering qui ne devrait pas être cachée par le concept de visibilité est la catégorialisation, c&#039;est à dire la désindividualisation qui vise à faire de l’appartenance à la catégorie discriminée un statut maître qui compte plus que les autres critères d’évaluation sociale et l’emporte ainsi dans la perception et dans les interactions quotidiennes en servant quasiment de prisme généralisé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Réaction au blog de Rosita Fibbi sur les « minorités visibles » de René Levy, professeur émérite de l&#8217;Université de Lausanne: </p>
<p>C’est vraiment un concept utile, la visibilité me paraît depuis toujours une des conditions importantes (parmi plusieurs, la plus importante restant probablement la faiblesse en termes de pouvoir) pour qu’une catégorie sociale se fasse discriminer. On pourrait ajouter que les stratégies de discrimination peuvent chercher à manipuler cette visibilité, les juifs ne sont pas le seul cas qu’on peut citer comme exemple (imposition d&#8217;un code vestimentaire qui les singularisait, imposition d’un lieu d’habitation, ou plus tard la fameuse étoile jaune). Les patronymes peuvent aussi être instrumentalisés par ces stratégies, en Suisse peut-être un peu plus difficilement avec les noms à consonance italienne parce qu’ils ne distinguent pas entre les Tessinois et les Italiens (même en Xe génération d’immigration), mais ça marche quand-même quelque peu dans leur cas, me semble-t-il, et évidemment mieux dans des cas d’emblée plus « étrangers » comme les noms turcs, balkaniques ou autrement voyants. Tu reprends à cet égard le terme de racialisation. La couleur de la peau ou d’autres marqueurs faciles à repérer (on peut p.ex. penser aux handicaps physiques et d’autres caractéristiques corporelles) sont particulièrement « pratiques » en la matière, mais probablement la visibilité à elle seule ne suffit pas (sinon, pourquoi pas discriminer les porteurs de lunettes (un écrivain allemand a écrit un persiflage sur cette idée, je ne me souviens plus qui c’était). Ce qui « aide » surtout, c’est l’existence d’une histoire de discrimination, et pour le début d’une telle histoire probablement la désignation à la vindicte d’une catégorie sociale bien identifiable par des autorités. Encore un autre critère au moins probable : la minorité en question ne doit pas être trop petite ou trop peu en vue pour, en quelque sorte, « valoir la peine » d’être discriminée (en tous cas dans la perspective d’un détournement de tensions sociales).<br />
Une autre composante du othering qui ne devrait pas être cachée par le concept de visibilité est la catégorialisation, c&#8217;est à dire la désindividualisation qui vise à faire de l’appartenance à la catégorie discriminée un statut maître qui compte plus que les autres critères d’évaluation sociale et l’emporte ainsi dans la perception et dans les interactions quotidiennes en servant quasiment de prisme généralisé.</p>
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